Il est assez fréquent de lire, dans tel ou tel article de journaux, qu’Escriva était le confesseur du couple Pinochet, qu’ils étaient les meilleurs amis du monde, et quasiment que l’Opus Dei avait aidé Pinochet à prendre le pourvoir.
La réalité est plus subtile... puisqu’ils ne se sont jamais rencontrés.
Dans son livre « Opus Dei, enquête sur le monstre », Patrice de Plunkett raconte, dans le détail, le séjour de Josémaria Escriva au Chili, en juin 1974 :
« Le 28 juin, il atterrit à Santiago. Depuis 10 mois, le pays subit la dictature d’Augusto Pinochet et de sa police politique. (...)
A son arrivée, il annonce que, contrairement à ce qu’il a fait dans les autres pays, il ne tiendra pas ici de grande réunion - "qui risquerait d’être mal interprétée, compte-tenu de la situation politique". Il se limitera à des rencontres en petit comité, dans des centres d’apostolat locaux. (...)
Escriva décline une invitation de la junte gouvernementale. Dans la lettre où il dit ne pas pouvoir accepter cette rencontre, il précise : « Mon voyage sacerdotale sur la terre américaine n’a d’autre but que d’augmenter dans les âmes le désir de rencontrer Dieu, d’être de meilleurs chrétiens, et par conséquent de meilleurs citoyens de leur pays ».
Le 8 juillet, il reprend l’avion pour le Pérou.
Il n’aura passé que dix jours au Chili, alors qu’i la passé près d’un mois au Brésil, et trois semaines en Argentine. Il n’a pas rencontré le général Pinochet, ni aucun représentant du pouvoir ».