Pour les nouveaux membres, il existe dans toutes les communautés un temps de connaissance réciproque, de croissance, d’examen personnel, préparatoire à un engagement définitif. Les supérieurs ont également le droit de renvoyer toute personne, si certains faits graves se sont produits. Quitter une institution ou être renvoyé, cela se produit aussi malheureusement alors que quelqu’un avait déjà fait un pas définitif. Parmi ceux qui ont quitté une communauté, certains ont gardé un bon contact et, dans une bonne entente mutuelle, poursuivent leur chemin. Naturellement, les communautés reconnues par l’Église donneront aussi à leurs membres et anciens membres la possibilité de s’adresser, en cas de conflit, aux instances ecclésiastiques compétentes.
Mais parmi les anciens membres, certains font aussi part de leurs expériences négatives en employant la tribune que leur offrent les médias. Là où des hommes vivent ensemble, il y a des limites et des faiblesses. Il n’est cependant pas justifié de présenter ses propres difficultés à l’intérieur d’une communauté comme quelque chose d’universellement valable. Finalement, les expériences négatives de certains sont douloureuses pour toute la communauté ecclésiale.
Ces expériences sont souvent divulguées par la publicité laïque qui, de toute façon, ne s’intéresse pas aux questions de doctrine mais aux comportements et aux conséquences qui en découlent. Dans la discussion, on avance que l’Église, en ses diverses communautés, est une « société de contradiction » devant la société libérale et séculière. « Celui qui n’accepte la religion que sous la forme d’une religion civile adaptée à la mentalité séculière, jugera suspecte toute chose radicale » (9). Si une critique repose sur des développements qui font vraiment problème, elle sera l’occasion d’un sérieux examen de la part de l’autorité ecclésiastique ; une critique peut aussi conduire à une purification et à une meilleure croissance de la communauté. À cet égard, le Rapport du Vatican publié en 1986 sur « Le phénomène des sectes ou nouveaux mouvements religieux » affirme que des attitudes sectaires (comme par exemple l’intolérance et le prosélytisme agressif, qui sont étudiés dans le Rapport) ne sont pas suffisantes pour constituer une secte, mais que l’on peut rencontrer de telles attitudes également dans des communautés ecclésiales. Mais on affirme textuellement que ces groupes « peuvent évoluer grâce à un approfondissement de leur formation et à des contacts avec d’autres chrétiens. Ils peuvent ainsi progresser vers une attitude plus “ecclésiale” » (10). Cette attitude ecclésiale est requise par les deux parties : par les communautés, afin qu’elles présentent leur charisme comme un don parmi beaucoup d’autres (résistant ainsi a la tentation d’une « prétention ecclésiale à l’absolu »), et aussi par ceux qui n’ont pas un accès immédiat à des formes de vie ecclésiale, pour qu’elles reconnaissent en ces communautés un don de l’Esprit qui donne la vie, un don qui ouvre a beaucoup d’hommes un accès à la foi.
Aujourd’hui, en divers pays du monde, s’éveille un désir nouveau de vivre plus résolument le message du Christ, malgré toutes les faiblesses humaines, de servir l’Église en union avec le Saint-Père et les évêques. Beaucoup voient dans les nouveaux charismes un signe d’espérance. D’autres les jugent comme des réalités étrangères, et d’autres encore comme un défi ou même une accusation contre laquelle ils se défendent, parfois eux aussi en lançant des reproches. Certains promeuvent également un humanisme qui se détache toujours davantage de ses racines chrétiennes. Mais nous ne devons pas oublier que « l’expression conciliaire sur l’“Ecclesia semper reformanda” renvoie non seulement au besoin de réfléchir sur les structures, mais aussi à l’ouverture toujours nouvelle et à la remise en question d’accords trop favorables à l’esprit du temps » (11). .